Mont Blanc du Tacul

By | 18 juillet 2014

Le week-end dernier, la créatrice d’Eleonaure est allée faire un petit séjour à 4000 mètres. Découvrez son récit…

L’expédition a débuté avec la montée dans le téléphérique de l’aiguille du Midi. En regardant la corniche qu’il fallait descendre à pieds, mon sang n’a fait qu’un tour! Habituée aux randonnées en montagne, cette fois-ci, c’était la première fois que je mettais des crampons et que j’allais si haut… Stress à son maximum… mais étant parti avec deux copains, ma fierté ne pouvait dévoiler mon angoisse.

Nous avons laissé les touristes sur la terrasse de l’Aiguille du midi et on a commencé à descendre la corniche. Finalement, ce fut très simple et je n’ai eu ni la moindre difficulté, ni la moindre peur… Ce qui n’était sans doute pas le cas de mes deux copains qui avaient semble-t-il peur pour moi et qui me donnaient des conseils toutes les 30 secondes « met tes pieds comme ceci, sois lourde dans tes jambes etc etc… »

La petite montée au refuge des Cosmiques était anodine mais elle m’a bien essoufflée. Je me suis dis « Zut, si je souffle comme ceci juste pour une petite montée de pacotille, je ne suis pas sortie… ». Arrivés au refuge, on a pris nos marques et la gardienne nous a déconseillé de faire le Mont Blanc du Tacul à cause des risques de chute de plaques… Gloups, ça ne met pas en confiance. Pour la fin de l’après-midi, un de mes copains a voulu me tester et on est parti faire l’arrête à Laurence, qui se situe dans le prolongement de l’arrêt des Cosmiques en aval du refuge. Super arrête que j’ai adorée avec un bon rocher de granit.

Sur l'arrête à Laurence, dans ma tenue toute neuve!

Sur l’arrête à Laurence, dans ma tenue toute neuve!

Le soir, j’avais la tête dans un étau… un mal lié à l’altitude. Il faut dire que j’étais partie de Paris le matin même… Une personne assise à ma table lors du repas m’a donné de l’aspirine… et dodo!

Lever à 5 heures, ce qui est un horaire relax dans un refuge. Je n’attendais que ça depuis 3heures du matin… l’envie d’en finir avec ce stress qui s’accumulait et l’envie de sortir de ce dortoir de misère… Dehors, un grand beau temps nous attendait. J’ai pu admirer ma montagne préférée, les Grandes Jorasses, rose au levée du jour.

Le soleil levant sur les Grandes Jorasses et la Dent du Géant

Le soleil levant sur les Grandes Jorasses et la Dent du Géant

Nous voulions aller jusqu’à la rimaye pour tester la neige. J’étais donc confiante et soulagée que mes deux copains renoncent à aller au sommet. Après la montée de la veille, je ne me sentais pas capable de faire l’ascension… La neige dure permettait de bien cramponner et j’avançais sans difficulté. Lorsque la pente a commencé à sévir, j’avais le souffle un peu plus court mais je voyais la rimaye comme objectif et tenais bon.

Quelle galère!!

Quelle galère!!

Une fois arrivée à la fameuse rimaye, mes deux copains étaient très enthousiastes et ont décidé de passer l’échelle. Encordée entre les deux, j’ai suivi et nous avons continué… Les choses ont commencé à devenir plus sérieuses. La pente était plus raide, la neige beaucoup plus fraîche et molle et il fallait monter comme des marches de géant! Pour ma petite taille, ce fut un vrai calvaire! Je n’en pouvais plus et je me souviens avoir supplié le premier de cordée pour faire une pause… qu’il m’a accordé brièvement en me faisant la leçon sur les dangers d’un arrêt dans cette situation. Grâce aux encouragements de mon autre copain, je suis repartie et je n’ai plus rien dit…

montblanctacul

J’avançais, j’avançais et je me souviens juste que chaque pas demandait un terrible effort. C’était comme si je courrais. Après plusieurs hésitations sur l’itinéraire, nous sommes arrivés au sommet (4200 mètres) et je me suis écroulée comme une carpette. Des bourrasques de vent décollaient la neige et il faisait très froid. Le mauvais temps arrivait rapidement et par intermittence, le brouillard nous enveloppait complètement.

A l'approche du sommet

A l’approche du sommet

Heureux d’être arrivés, on a fait un petit selfie pour marquer le coup et l’on est vite redescendus… en partie en glissade sur les fesses pour aller plus vite. Il faut dire que je n’avais pas vraiment le choix car le premier de cordée marchait tellement vite qu’il me tirait.

Notre selfie au sommet

Notre selfie au sommet

De retour dans la combe, nous avons sorti le pique nique et c’est seulement à ce moment que j’ai apprécié l’expédition. J’étais tellement heureuse d’être arrivée au sommet et surtout d’être redescendue entière! Pour retourner au refuge, nous avons pris de nouveau l’arrête à Laurence, qui permet de faire un peu de mixte et qui est moins barbante.

De retour sur l'arrête à Lolo

De retour sur l’arrête à Lolo

On a rechargé nos sacs et nous avons pris le chemin de l’Aiguille du midi… Nouveau calvaire! Cette montée était en trop pour ma journée. J’ai véritablement souffert et je pense avoir perdu 20 litres d’eau en transpiration. Un anglais m’a dit sur le chemin « It ‘s supposed to be a pleasure?! ». Sa remarque m’a amusée, c’était exactement ça! Quelques derniers mètres sur la corniche… sous les flashs des appareils photos des japonais qui nous regardaient depuis la terrasse… et enfin arrivés!

De retour chez moi, j’ai oublié toutes mes souffrances et je n’ai plus que le merveilleux en tête… si bien que je voudrais y retourner!

ps: Sur la balance – 5kg et -3kg après avoir bu et mangé correctement! Pas mal en deux jours! (Il faut dire que le lendemain de la course, nous faisions une via ferrata)

Le Mont Blanc du Tacul en souvenir

Le Mont Blanc du Tacul en souvenir

 

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