Exposition Les années 50, La mode en France 1947 à 1957 au Musée Galliera

By | 17 octobre 2014

Il ne reste plus beaucoup de temps pour découvrir l’exposition temporaire « Les années 50 – La mode en France 1947 – 1957 » au musée Galliera, le musée de la mode de Paris. L’exposition ouverte le 12 juillet fermera ses portes le 2 novembre. Allez-y avant qu’il ne soit trop tard car le musée Galliera n’expose pas de collection permanente, afin de protéger ses modèles du vieillissement causé par les spots et le flux des visiteurs. Allez-y aussi surtout parce qu’il s’agit d’une très belle exposition qui présente de magnifiques robes de cette période emblématique pour la mode.

galliera-poster

Ayant travaillé plusieurs années chez Christian Dior, les dates 1947-1957 données à l’exposition ont tout de suite eu une signification pour moi. Ce sont les dates qui ont marqué l’histoire Dior, de la création de la maison en 1947 à la mort prématurée de son fondateur en 1957. Dans mon esprit, les années 50 sont forcément nées avec le New Look de Monsieur Christian Dior. Son fameux tailleur bar est l’archétype même de cette mode, taille très marquée, hanches généreuses, jupe à mi mollet et épaules arrondies. Cette ligne directrice est acclamée par the Harper’s Bazaar à l’époque et est considérée comme révolutionnaire au lendemain de la guerre. La ligne va être déclinée sur différentes types de robes, robe de jour, robe de soir et robe de cocktail, notamment avec la ligne appelée corolle.

Modèle Tailleur Bar de Christian Dior

Modèle Tailleur Bar de Christian Dior

Exposition du célèbre Tailleur Bar au musée Galliera

Exposition du célèbre Tailleur Bar au musée Galliera

corolle

Je ne vais pas plus décrire l’exposition et les caractéristiques de ces années car ce serait moins bien écrit avec beaucoup de raccourcis. Je préfère vous raconter les informations nouvelles que j’ai apprises.

J’ai vraiment été baignée dans la culture Dior, comme je l’écrivais plus haut. En ce sens, j’amalgamais trop cette période à la marque et si l’on ne m’avait pas donné le nom des couturiers sous chaque robe, j’aurais dit que tout était signé Dior. Si Chrisitan Dior a été à l’origine de ce nouveau mouvement et l’a fortement guidé, j’ai été surprise de découvrir que bien d’autres créateurs ont façonné des modèles de ce courant tout en apportant des touches personnelles. Balmain, Balenciaga, Cardin et surtout Jacques Fath. J’ai découvert ce créateur qui avant même 1947 aiguillait déjà ses créations dans la ligne New Look.

Balenciaga, Dior, Cardin

Balenciaga, Dior, Cardin

Jacques Fath 1947

Jacques Fath 1947

Jacques Fath 1950

Jacques Fath 1950

Le New Look, une révolution dans la mode? Oui et non en fait. Oui, car les confections de ces robes demandaient beaucoup de tissus. Plus le mollet était caché et plus la robe était élégante; la distance idéale entre le sol et le bas de la robe étant de 15cm. Par ailleurs, les plis de la jupe était nombreux pour créer un effet volume. Alors que les pays vivent une période de restriction et de rationnement après la seconde guerre mondiale, cette mode est forcément provocatrice et donc révolutionnaire. Cependant, non car on en revient aux traditionnels corsets et guêpières pour la femme. Afin de marquer fortement la taille, on ressort des outils de torture qui avaient disparus au début du siècle. Prisonnière de ses carcans, la femme n’est plus libre de ses mouvements. Ceci fera d’ailleurs bondir Gabrielle Chanel, pionnière pour défendre la liberté des femmes dans leur tenue vestimentaire. Elle, qui avait conçue des habits pour que les femmes soient élégantes tout en restant à l’aise dès 1920, voit là un retour en arrière. Cette mode est l’une des raisons qui la fera revenir sur scène (alors qu’elle avait pris sa retraire) en 1954 avec son célèbre tailleur. Elle donnera alors l’avant goût de la mode de la décennie suivante.

corset

Au cours de l’exposition, une anecdote m’a amusée. La robe Bonbon de Christian Dior est exposée. Cette robe fut un succès commercial, vendue à 121 exemplaires! Alors ce détail fait déjà sourire quand on connaît les volumes de production actuel mais le plus amusant est tout autre… Christian Dior a expliqué son succès en reconnaissant avoir fait une erreur de calcul dans le coût de revient de la robe… Il la vendait moins chère que le prix qu’elle lui coûtait pour la produire! On peut aujourd’hui être sur qu’une telle surprise ne passerait pas le brouillon excel du stagiaire de première année… Les années 50 ou la poésie dans la mode et dans les chiffres, nostalgie…

EN premier plan, la robe Bonbon de Dior

EN premier plan, la robe Bonbon de Dior

Pour en venir sur l’exposition en elle-même… Les explications sont claires et pas trop nombreuses (on ne lit plus sinon…). Les 120 robes sont présentées de façon logique. Après les modèles emblématiques de la période, on retrouve les robes de jour, les robes de plage et d’après-midi, les robes de soir, les robes de bal et les robes de cocktail propres à cette période. Les robes de plage et d’après-midi sont d’autant plus intéressantes qu’elles annoncent les prémices du prêt-à-porter et d’une nouvelle ère plus légère. Des accessoires de chapeaux, souliers et bijoux viennent compléter l’exposition. Finalement, on fait vite le tour de l’exposition mais c’est sans compter le temps passé à observer chaque détail de couture. On prend aussi le temps de rêver habillée de ces tenues, car certaines sont tout à fait d’actualité.

Le public de l’exposition est majoritairement féminin. Je m’y suis rendue en semaine après y avoir renoncé un samedi car l’attente était trop longue. Lors de ma visite, j’ai donc été accompagnée des commentaires de nombreuses « mamies » qui papotaient entre elles en racontant leurs souvenirs « Et tu te souviens à cette époque… ». C’est amusant et attendrissant.

Scénographie de l'exposition

Scénographie de l’exposition

Robe légère d'été Hermès

Robe légère d’été Hermès

Le site de l’exposition pour en savoir plus Musée Galliera

Un site avec de belles photos sur l’exposition Culturebox

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