Diamant naturel VS Diamant synthétique

By | 28 février 2018

Depuis quelques années le marché français voit apparaître le terme de « Diamant synthétique », notamment sur Internet. Ce terme est confus pour le client qui ne sait pas s’il achète un « vrai diamant » ou un « faux diamant ». Ce sujet mérite un éclaircissement pour que chacun puisse acheter un bijou en toute connaissance.

Le diamant naturel, issu des profondeurs de la terre, est une composition de carbone qui demande plusieurs millions d’années pour être conçu. Il est utilisé par la bijouterie joaillerie pour ses qualités esthétiques visuelles de brillance mais également dans l’industrie grâce à ses propriétés particulières, notamment de dureté car c’est la matière la plus dure au monde. Il est considéré comme le « vrai diamant » dans le jargon populaire. Il ne se confond donc par avec les pierres blanches synthétiques que l’on appelle « oxyde de zirconium ». La différence est facilement identifiable avec des outils de poids, d’indice de réfraction de la lumière.

Cependant, un autre diamant, dit diamant synthétique, est né et a apporté son lot de confusions. Il s’agit de la même composition de carbone que le diamant naturel, sauf que celui-ci est issu d’un laboratoire de chimie qui reproduit les mêmes propriétés physiques et chimiques qu’un diamant naturel. Il faut environ une semaine pour le fabriquer. La composition de carbone est soumise à haute pression et à haute température. Ce procédé permet d’obtenir la couleur que l’on veut. Une autre méthode de « dépôt chimique en phase vapeur » consiste à créer le diamant par couches successives en injectant des gaz dans de la silice sous pression qu’elle ionise à l’aide d’une décharge micro-onde. Enfin la dernière méthode est le mélange d’eau et d’éthanol à hautes pressions.

Le premier diamant synthétique est né aux Etats-Unis en 1950. Il a rapidement trouvé son usage dans l’industrie, prenant le rôle d’aiguiseur pour les outils tranchants et de polissage. Aujourd’hui il existe une dizaine de sociétés pour le produire, essentiellement en Chine, en Inde et en Thaïlande. Sa valeur marchande inférieure de 40% environ au diamant naturel a encouragé sa large diffusion en bijouterie et en joaillerie, en particulier en Amérique et en Asie, où 70% des diamants vendus sont synthétiques. L’Europe ne l’avait jamais utilisé en joaillerie jusqu’à son émergence sur internet. Il convient alors de clairement préciser le mot « synthétique » ou le mot « naturel » lorsqu’on vend et lorsqu’on achète, ce qui est rendu obligatoire depuis 2002 en France. D’autres pays sont en retard au niveau de cette législation, notamment en Suisse. Le synthétique n’est pas clairement identifié et peut se vendre comme naturel (et à ce prix) in fine. Les professionnels suisses se mobilisent pour faire évoluer cette situation, considérablement négative pour leur image de produits de luxe. Aux Etats-Unis, premier marché pour la vente de diamants synthétiques, la réglementation est beaucoup plus souple car elle autorise des appellations très flatteuses comme « Ethical Diamond », « Eco Friendly Diamond », « Green Diamond », « Man-made Diamond ». Le marketing sait trouver la faille et les bons mots en vogue pour vendre !

Justement, ces termes sont mis en avant pour prôner le diamant synthétique qui n’est pas issu d’une exploitation naturelle, néfaste pour l’environnement et génératrice de conflits. Utiliser l’émotion générée par le sang et les larmes est un bon argument de vente pour que le client se sente soucieux d’environnement et de justice sociale. Cependant, les laboratoires ne détaillent pas les conditions de fabrication, en Asie en ne précisant rien sur les conditions de travail et l’âge des travailleurs, tailleurs indiens notamment.

Le diamant naturel est unique, inimitable, irremplaçable du fait de sa création à 120 kilomètres dans les entrailles de la terre. Quand bien même, les arguments en sa défaveur sont restés vrais pendant de longues années, car on l’extrait dans des régions pauvres du monde où la violence éclate rapidement, essentiellement en Afrique avec des cas reconnus sur la scène internationale lors de la guerre civile en Angola par exemple (parmi tant d’autres). Néanmoins, il y a des avancées notoires depuis la signature du processus de Kimberley aux débuts des années 2000. Cet accord mondial interdit l’extraction et la vente de diamants issus de zones de conflits (finançant les actions rebelles, les trafics en tout genre) et édifie une certification précise des pierres, transparente pour le consommateur. Le respect de ce processus est un combat permanent car il ne fait pas les affaires de tous, Etats, organisations militaires, laboratoires de chimie… Le prix du diamant naturel intègre également le prix à payer pour soutenir cet accord.

 

 

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